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En création

Stabat Mater, le solo

Création 2026 | Environ 60min

À propos

Stabat Mater, le solo naît au croisement d’un héritage baroque longtemps tenu à distance et d’un désir brûlant de donner voix – et corps – aux récits des femmes d’aujourd’hui. Dans cette création, Lou Cantor explore un geste intime et politique : pleurer. Pleurer comme acte rituel, comme matière chorégraphique, comme puissance de transformation. Pleurer non pour se taire, mais pour revendiquer ; pleurer pour libérer, pour rire, pour hurler, pour se souvenir et pour exister pleinement.

Au fil des projets, un constat s’impose : parmi toutes les personnes que Lou rencontre, les femmes sont les moins nombreuses à franchir le plateau. Charge mentale, injonctions sociales, sentiment d’illégitimité, manque de temps ou de place : leur absence dit quelque chose de profond. Stabat Mater, le solo répond à cette invisibilisation en proposant un espace radicalement dédié à celles qui se sentent femmes, à leurs voix, leurs corps, leurs histoires – à leurs pleurs.

La pièce s’ouvre comme un récital baroque : une chanteuse s’apprête à entonner le Stabat Mater. Mais c’est un pleur qui surgit. De ce geste premier, presque dérisoire, naît un flux qui enfle, déborde, transforme la scène en un écrin vibrant. À travers la vibration de la voix et du corps, les grands tableaux baroques et les figures de pleureuses, la chorégraphe traverse une filiation artistique incarnée par l’œuvre de Béatrice Massin, chorégraphe de danse baroque, sa mère, dont elle accepte enfin l’héritage. Cet héritage, elle l'“avale”, le détourne, le frictionne au réel, aux récits des femmes rencontrées, aux Stabat Mater de Pergolèse ou de Vivaldi.

Sur scène, il n’est pas question de reproduire la danse baroque, mais de danser l’avenir en étant traversée par ces présences féminines. Lou Cantor veut incarner toutes ces femmes : les pleurer, les crier, les danser. Le solo devient alors un espace d’exposition des corps vulnérables et puissants : un lieu où la larme est un langage, où le chagrin mène au rire, à la rage, à la beauté, où le mouvement rejoint l’émotion brute.

Avec Stabat Mater, le solo, Lou Cantor propose un geste artistique qui relie l’intime et le politique, la tradition baroque et les voix contemporaines, l’héritage familial et la nécessité de transmission. Une traversée pour faire entendre ce qui, depuis toujours, se tait : les pleurs des femmes. Une scène où leurs larmes deviennent un espace de résistance, de consolation et d’affirmation. Un solo pour dire : voici nos larmes, et voici ce que nous choisissons d’en faire.

Crédits

Photos

  • © Juliette Paulet
  • © Juliette Paulet
  • © Juliette Paulet
  • © Juliette Paulet